« Tu mesures chacun de tes gestes, de tes mots, surtout ne pas laisser apercevoir cette faiblesse. Oui car les émotions sont une faiblesse. Alors je les cache, je me cache, ainsi ils croient me connaître mais ne savent rien. Ils me croient banales, mais je suis forte. Je me suis crée une barrière, ils ne peuvent m'atteindre. Je ne souffrirai plus, je ne veux plus souffrir. Dans un monde ou la sincérité et la gentillesse sont pris pour de la naïveté et un manque de caractère, pour y survivre, c'est la seule solution. Pour ne pas se faire écraser, bouffer, pour ne pas se retrouver seule, noyé par son surplus d'émotions, pour ne pas vous faire piéger par ceux à qui vous vous êtes dévoilés, pour ne pas vous faire broyé le c½ur par ceux qui en ont acquis la possession. »
Elle proclamait cela, du haut de son jeune âge. Elle utilisait les mots à tords et à travers sans se soucier de leur sens, de leur profondeur, de ce que leur utilisation représente. Elle pensait déjà avoir vécu tous les maux du monde. Si elle savait ne serais-ce qu'un quart de ce qui l'attendait... Jeunesse nourrit d'illusions, qui s'enterre dans ce mal-être et s'autodétruit. Elle croyait pouvoir se créer un personnage pour vivre, pour se protéger, alors qu'elle ne s'avait même pas qui elle était réellement.
Un déséquilibre constant, un coup de trop à droite, un coup de trop à gauche, et c'est la chute. Il est plus difficile de tomber que de se relever. Et tu marches sur le fil de la vie tant bien que mal, essayant vainement de garder ton équilibre.Cette chaleur qui m'entoure, cette présence qui me retourne le coeur, et ce battement qui finit d'orchestrer ce joli bordel.
"Et moi, j'ai inventé ton nom pour m'en donner un à moi-même. Des rideaux de fumées pour ne pas affronter ce que je ne veux pas voir. Et si je lance un filin pour te sauver du naufrage, il risque d'être la corde qui t'étranglera." Lucia Etxebarria.